Vive le 49.3
Être favorable au 49.3 apparaît comme un acte sacrilège, refusant la démocratie. Et pourtant, la situation présente en France interpelle : sans vouloir juger sur le fond du bien fondé du projet de réforme de la retraite qu’a fait adopter Elisabeth Borne, force est de constater que son rejet actuel par une majorité de députés est contraire au bien commun, du simple fait que celui-ci conduit à une augmentation du déficit budgétaire de plusieurs milliards d’euros, ce qui va encore augmenter la dette publique. De la part des députés, c’est complètement irresponsable et nous savons bien qu’ils ont voté ainsi non pas pour une question de fond mais pour éviter une dissolution de l’Assemblée Nationale qui, selon toute vraisemblance, aurait fait perdre le siège de députés à nombre d’entre eux.
Qu’en conclure ? Qu’il est des circonstances où le 49.3 se justifie pleinement : à chaque fois que le bien commun est en jeu alors qu’une majorité de députés s’y oppose.
Oui au 49.3 quand le bien commun est en cause
C’est d’ailleurs la marque de bien peu de courage de la part de Sébastien Lecornu d’avoir osé affirmer qu’il est, par principe, opposé au 49.3. C’est tomber bien bas dans la démagogie.
Y a-t-il des circonstances où le 49.3 s’impose ? Certes oui, en commençant par la liberté de l’avortement. On vient de voir où conduit la « démocratie » : au fait qu’une très large majorité de députés a voté l’insertion dans la constitution du principe de la liberté de l’avortement. Alors que l’avortement est un meurtre, quel que soit l’âge de l’embryon.
De même, la décision de donner la priorité au nucléaire pour la production d’électricité ne peut relever du peuple. On le voit en Allemagne, où les gouvernements successifs ont cédé devant la pression des écologistes, en fermant les yeux sur le fait que le fonctionnement intermittent des éoliennes nécessite, en complément, la présence de nombreuses centrales marchant au charbon, fort polluant.
Sans oublier le fait que c’est aussi une solution bien plus chère que le nucléaire.
On pourrait multiplier les exemples. En fait, l’appel au 49.3 se justifie à chaque fois que l’on est en présence d’une question sociétale, laquelle ne peut pas être correctement traitée par la « démocratie ».
L’autorité en haut, la démocratie en bas
Il faut donc suivre les conseils de Charles Maurras, qui préconisait la règle suivante : « l’autorité en haut, la démocratie en bas ». Cela implique l’existence d’un pouvoir régalien non soumis au Parlement.
Encore faut-il que le pouvoir régalien soit éclairé. Ceci ne peut être assuré institutionnellement que par un roi, « lieutenant de Dieu sur terre », ou, en régime républicain, par un président de la république qui fasse le serment de se conformer aux valeurs chrétiennes.